samedi 29 janvier 2011

Là où tout à commencer




Bien cradouille pour cause de bébé qui renverse un verre...
C'est dans le ton finalement


Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un cercle d'herbes jaunies dans le jardin de ma grand mère.
Saint Philippe, les cannes à sucre à perte de vue, la mer qui se brise sur les roches noires acérées, le vent lourd d'embruns, le chant des feuilles...
Il y avait un bassin en pierres de lave peuplé de carpes koï blanches et oranges, un joyeux petit monde qui venait se nourrir à même la main.
Il y a eu ce cadeau, ce bouquet maladroit peint à la gouache, toujours affiché dans l'entrée, et l'apprentissage méticuleux de ma grand mère.
J'ai appris avec elle à observer une orchidée, à faire glisser le pinceau poignet levé, geste sûr, à jouer de la pression, des couleurs, de la dilution dans l'eau.
Il y a eu mes premiers vrais pinceaux de calligraphie dans un coffret, une boîte de plumes, l'application pour faire apparaître de belles lettres.

L'appréciation du silence en soi pour mieux faire vibrer la lumière et les formes qui finissent par submerger...

Elle va avoir une centaine d'années bientôt, elle m'a transmis le plus précieux des héritages.
Ce qui me fait sentir la terre vibrer sous mes pieds, me donne la course plus légère sur mon chemin, ce qui me porte et me nourrie.

Revenir dans mon île, c'est retrouver la côte aux vents, le parfum des vacoas, les incroyables détours de la lave et vouloir rester une éternité au moins à l'écouter me raconter sa vie, l'histoire de chaque objet de son salon aux allures de cabinet de curiosité et me laisser transporter par ses vers.


Peut être par respect des règles qu'elle m'a enseigné que je ne me hasardes pas encore à la couleur...
Il me manque l'instant, le transport des éléments, la main qui ne dérape pas.
Entrainement en perspective.

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